Le vibe coding, c’est quoi ? Créer un outil sans savoir coder

Table des matières

Image de Par Eric Prébin

Par Eric Prébin

Trente ans de web au compteur, et une conviction : l'IA est un formidable outil à condition de savoir s'en servir. Je forme les dirigeants et artisans à l'utiliser vraiment, simplement, sans bullshit.

Le vibe coding, c'est quoi ? Créer un outil sans savoir coder

« Vibe coding » : le terme est partout depuis le début 2025, et il a même été élu mot de l’année 2025 par le dictionnaire Collins. Mais derrière le jargon se cache une idée très concrète, et plutôt rassurante quand on dirige une entreprise sans la moindre compétence technique : créer un outil ou une petite application en décrivant simplement ce que l’on veut, en français, à une intelligence artificielle qui se charge d’écrire le code à votre place. Pas de ligne de code à taper, pas de développeur à recruter pour un premier essai. Dans cet article, on démystifie ce qu’est vraiment le vibe coding, ce qu’il permet de faire, et surtout ce qu’il ne faut pas lui demander.

Le vibe coding, c’est quoi exactement ?

Le vibe coding consiste à produire un logiciel en dialoguant avec une IA en langage naturel, plutôt qu’en écrivant le code soi-même. Vous décrivez votre besoin (« je veux un outil pour suivre mes devis »), l’IA génère l’application, vous regardez le résultat, vous demandez des ajustements, et vous recommencez jusqu’à ce que ça convienne.

Le terme a été inventé par Andrej Karpathy, ancien directeur de l’IA chez Tesla et figure reconnue du domaine, dans un message publié le 2 février 2025. Il y décrivait une façon de coder où l’on « se laisse porter par les sensations » (les vibes) en oubliant presque que le code existe. Autrement dit : on se concentre sur le quoi (ce qu’on veut obtenir) et on laisse la machine gérer le comment.

Un mot de vocabulaire au passage : un prompt, c’est simplement l’instruction que vous écrivez à l’IA. Et le no-code désigne tous les outils qui permettent de créer un logiciel sans programmer. Le vibe coding, c’est en quelque sorte le no-code piloté par la conversation.

Comment ça marche concrètement ?

En pratique, vous utilisez une plateforme dédiée où vous tapez votre demande dans une zone de discussion, exactement comme un message. L’IA construit alors l’application complète en coulisses : l’interface, la base de données, la connexion des utilisateurs, l’hébergement. Vous n’avez rien à installer.

L’exemple le plus parlant est Base44, une plateforme de création d’applications par simple description en langage naturel. Fondée en solo par Maor Shlomo, elle a connu une croissance fulgurante — environ 250 000 utilisateurs en quelques mois — avant d’être rachetée par Wix en juin 2025 pour près de 80 millions de dollars. Ce rachat illustre bien que le vibe coding n’est pas un gadget : les grands acteurs du web parient dessus.

Le déroulé type ressemble à ceci :

  1. Vous décrivez votre besoin en une ou deux phrases.
  2. L’IA génère une première version fonctionnelle de l’outil.
  3. Vous testez, vous repérez ce qui ne va pas.
  4. Vous demandez des corrections (« ajoute un bouton pour exporter en PDF »).
  5. Vous obtenez un outil utilisable, parfois en quelques heures.

Ce que vous pouvez créer (et ce qu’il vaut mieux éviter)

Le vibe coding excelle sur les projets simples, internes et sans enjeu critique. Il montre vite ses limites dès qu’on touche à des systèmes sensibles. Voici un repère clair :

Bon terrain pour le vibe coding À confier plutôt à un professionnel
Prototype ou maquette pour tester une idée Logiciel de paiement ou facturation officielle
Outil interne (suivi de devis, planning, mini-CRM) Application manipulant des données de santé
Automatisation d’une tâche répétitive Système exigeant une certification ou un audit
Petite application de démonstration (MVP) Plateforme accueillant des milliers de clients

Un MVP (produit minimum viable), c’est une première version réduite d’un produit, juste assez aboutie pour vérifier qu’une idée intéresse. C’est exactement le genre de chose que le vibe coding permet de monter sans budget.

Les limites à connaître avant de se lancer

Le vibe coding fait gagner un temps réel, mais il comporte des risques qu’aucun discours marketing ne devrait masquer. Le principal : on déploie un code qu’on ne comprend pas.

Côté sécurité, les chiffres invitent à la prudence. Selon le rapport GenAI Code Security publié par Veracode en 2025, environ 45 % du code généré par l’IA contient au moins une faille de sécurité. La raison est mécanique : l’IA a appris sur d’énormes quantités de code public, failles comprises, et reproduit donc parfois de mauvaises pratiques sans le signaler.

L’épisode le plus marquant date de juillet 2025 : Jason Lemkin, fondateur de SaaStr, a confié à un agent IA la construction d’une application, et l’IA a fini par supprimer l’intégralité d’une base de données de production. Un non-spécialiste n’aurait pas vu venir le problème. La leçon n’est pas « il ne faut pas s’en servir », mais « il faut savoir pour quoi s’en servir, et garder une supervision ».

Faut-il s’y mettre quand on dirige une TPE ?

Oui, à condition de viser juste. Pour un dirigeant ou un indépendant, le vibe coding est une formidable porte d’entrée : il permet de fabriquer soi-même un petit outil interne qui aurait coûté plusieurs milliers d’euros en développement classique, et de tester une idée avant d’investir. Le bon réflexe est de commencer par un usage à faible enjeu — un outil que vous êtes seul à utiliser, sans données sensibles de clients — pour apprendre la logique sans prendre de risque. Le jour où le projet devient stratégique, vous faites alors appel à un professionnel, en sachant exactement ce que vous demandez.

Mon avis de formateur et de développeur d’App

Oui, Base44 est vraiment accessible à un dirigeant non technique, et je ne dis pas ça pour faire joli. Vous décrivez votre besoin en français, et l’outil vous sort une application qui tourne, avec une base de données, des écrans, une logique. Il y a dix ans, ça demandait un développeur et plusieurs milliers d’euros. Aujourd’hui, vous montez un prototype utilisable dans la journée. Ça, c’est réel, ce n’est pas une promesse de vendeur.

Mais je suis tranché là-dessus : « ça marche » ne veut pas dire « c’est prêt ». La première erreur, c’est de se jeter dans la création sans avoir réfléchi à ce qu’on veut vraiment — quelles données, qui s’en sert, pour faire quoi. L’IA construit exactement ce que vous lui décrivez, donc si votre idée est floue, votre appli sera bancale, jolie mais bancale. Le travail n’est pas dans l’outil, il est dans la préparation. Ceux qui réussissent passent du temps à cadrer avant de cliquer.

Et le vrai point de vigilance, celui que personne ne regarde au début : la sécurité. Une appli no-code générée vite fait, c’est souvent une appli ouverte à tous les vents — données clients accessibles sans contrôle, aucune gestion des droits, des informations sensibles qui traînent. L’IA vous fait gagner la construction, elle ne vous protège pas par défaut. Avant de mettre de vraies données de clients dedans, vous devez savoir qui peut voir quoi, et verrouiller les accès. Si vous ne savez pas répondre à cette question, ne mettez pas l’appli en ligne. C’est exactement le genre de réflexe qu’on apprend en formation, et c’est ce qui sépare un outil malin d’un incident RGPD.

Questions fréquentes sur le vibe coding

Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?

Non. C’est tout l’intérêt : vous décrivez votre besoin en français et l’IA écrit le code. En revanche, comprendre les grandes logiques d’une application aide à mieux guider l’IA et à repérer les erreurs.

Le vibe coding est-il gratuit ?

Les plateformes proposent généralement un essai gratuit puis un abonnement payant selon l’usage. Pour un premier test sur un petit outil, l’investissement reste modeste comparé à un développement sur mesure.

Quelle est la différence entre vibe coding et no-code ?

Le no-code regroupe tous les outils permettant de créer sans programmer, souvent par glisser-déposer. Le vibe coding est une forme de no-code piloté par la conversation : vous expliquez, l’IA construit.

Peut-on vendre une application créée en vibe coding ?

Techniquement oui, mais c’est déconseillé sans relecture professionnelle dès que l’application gère de l’argent, des données personnelles ou de nombreux utilisateurs, pour des raisons de sécurité et de fiabilité.

En résumé

Le vibe coding, c’est créer un outil en le décrivant à une IA, sans écrire de code. C’est puissant pour prototyper, automatiser et fabriquer des outils internes, à condition de connaître ses limites de sécurité et de garder la main sur les projets sérieux. La meilleure façon de se faire son propre avis reste d’essayer, accompagné, sur un cas concret. C’est précisément l’objet de la formation Vibe coding / Base44 : repartir avec votre premier outil créé de vos mains, en une journée.